Une jeune pousse du nom d’Adéquabio a reçu récemment le prix du public lors du salon SIVAL 2018 à Angers, réunissant exclusivement les professionnels de l’agriculture. Il s’agit d’une reconnaissance supplémentaire pour cette société prometteuse, issue de l’excellence universitaire à la française.

Adéquabio, l’innovation dans le développement durable

Adéquabio est d’abord le fruit de longues années de recherches, 25 au sein du laboratoire de bioénergétique cellulaire du CEA Cadarache. Ce sont dans ces locaux que les fondateurs, Daniel Garcia et Camille Escoffier se sont intéressés aux moyens de dépollution d’effluents, déchets liquides toxiques. C’est ainsi qu’ils ont peu à peu mis au point un procédé utilisant des bactéries un peu spéciales pour dégrader et neutraliser les effluents phytosanitaires dans le monde agricole. Ce procédé, du nom de Phytobarre, développé entre 2007 et 2013, permet de traiter « les bouillies de pesticides non utilisées et les eaux de lavage du matériel ayant servi à la pulvérisation tels que tracteurs et pulvérisateurs », selon les propres mots Camille Escoffier.

Le volontarisme régional pour les jeunes entreprises, un facteur essentiel au succès

Adéquabio est un bon exemple montrant la vitalité de notre tissu universitaire et des passerelles existantes avec le privé. Le tout aidé par un volontarisme des collectivités pour soutenir les projets les plus innovants.

Le Pays d’Aix est à la pointe dans ce domaine puisque chaque année via différentes structures, de nombreuses jeunes pousses voient leur projet se concrétiser.

Tout d’abord, l’incubateur interuniversitaire Impulse dont est issu Adéquabio a permis aux fondateurs de mettre au point leur projet et de les soutenir tout au long de son développement. Ces soutiens se traduisent sous diverses formes comme des audits ou de l’aide juridique et administrative. L’aspect networking y est également très présent.

Lorsque le projet est mûr et prêt pour la commercialisation, d’autres structures prennent le relais comme le fonds d’amorçage de Provence permettant de financer sous la forme d’un prêt d’honneur à hauteur de 40 000 euros maximum des études, des prototypes ou encore des brevets. C’est d’ailleurs en tant que lauréat de ce dispositif d’amorçage qu’Adéquabio a obtenu un financement.

De nombreuses autres jeunes pousses ont été aidées grâce à ce dispositif, et ce dans tous les secteurs. On peut citer par exemple le laboratoire cosmétique In’oya, Optimum Tracker dans l’énergie solaire, ou Sia Med’Xpress dans la synthèse de protéine pour la recherche médicale et pharmaceutique.

L’industrie en ligne de mire

Adéquabio ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et pense déjà à développer une solution similaire à Phytobarre, mais cette fois-ci dans le traitement des effluents industriels et non plus phytosanitaires, toujours à l’aide de bactéries. Ceci leur permettrait de s’ouvrir de nouveaux marchés en proposant un moyen novateur et durable de lutter contre la pollution industrielle.